Mardi 3 juillet 2007

ARTICLE – LE JOURNAL DE L’ILE – Lundi 2 juillet 2007

Santé
Chikungunya : Les “cellules cibles” du virus identifiées
Quelles sont les cellules que le chikungunya infecte dans l’organisme ? C’est à cette question que des chercheurs de l’institut Pasteur, en collaboration avec des cliniciens de l’île, viennent de répondre. Une découverte qui risque de faire évoluer la recherche sur les traitements. Explications.

Doucement, mais sûrement, la recherche commence à répondre à différentes interrogations que l’on se pose sur le chikungunya, virus découvert il y a plus de 50 ans déjà. Après avoir retracé l’histoire évolutive du virus dans la zone océan Indien grâce au séquençage de plusieurs souches virales, l’institut Pasteur à Paris, en collaboration avec plusieurs équipes de l’institut Pasteur et du GHSR de Saint-Pierre, vient de trouver quelles sont les cellules que le chikungunya infectait dans l’organisme.

“UNE PISTE POUR LES TRAITEMENTS”

L’équipe d’Olivier Schwartz, de l’unité virus et Immunité à Pasteur, a ainsi démontré in vitro que le virus ne se multipliait pas dans les cellules sanguines circulantes (lymphocytes, monocytes) mais dans les macrophages (1). “Ces cellules pourraient donc être impliquées dans l’infection des tissus touchés par la maladie, comme les muscles et les articulations”, explique Pierre-Emmanuel Ceccaldi, chargé de recherche à l’Institut Pasteur. Le virus infecterait également la plupart des cellules dites “adhérentes” (ex : fibroblastes). “On lève une partie du voile sur le cheminement potentiel de l’infection”, soutient M. Ceccaldi. Cette avancée majeure va permettre aux scientifiques de tester des médicaments en culture cellulaire en vue de sélectionner ceux qui inhibent l’infection des cellules cibles. Une deuxième étude, menée à partir de tissus prélevés sur des malades et dirigée par Pierre-Emmanuel Ceccaldi, en collaboration avec des cliniciens de Saint-Denis, a permis de montrer que “les cellules musculaires sont infectées par le virus, ce qui pourrait jouer un rôle dans les douleurs musculaires”. Les scientifiques cherchent aujourd’hui à savoir si ces cellules ne joueraient pas un rôle de réservoir du virus, ce qui expliquerait les “rechutes” de chikungunya qu’on a pu observer. Ces découvertes permettent de “développer une piste pour les traitements futurs, précise M. Ceccaldi. Maintenant qu’on sait comment se propage le virus dans l’organisme, on va pouvoir intervenir sur ces cellules et tester des médicaments sur des cellules cibles naturelles”. Même si le virus ne semble plus causé de dommages à la Réunion, cette découverte reste un espoir pour les zones où il sévit fortement aujourd’hui (Gabon, Inde). Tout en sachant qu’il peut revenir par la case départ...

M.P

Par Madée Payet - Publié dans : Notre revue de presse
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